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LES FORMATS EN CINEMA

LES FORMATS EN CINEMA
27 juin 2026 1 commentaire 21 TERA

Les formats au cinéma : comprendre les dimensions de l’image, du tournage à la projection Quand on parle de « format » au cinéma,…

Les formats au cinéma : comprendre les dimensions de l’image, du tournage à la projection

Quand on parle de « format » au cinéma, on peut parler de plusieurs choses : le format d’image, le format de tournage, le format de diffusion, le format de fichier, ou encore le format physique du support. Cette distinction est importante, car deux films peuvent être tournés avec la même caméra et pourtant avoir des formats d’image, des usages et des rendus complètement différents.

Pour un cinéaste, comprendre les formats ne relève donc pas uniquement de la technique. Le choix du format participe à la narration et à l’identité visuelle d'une œuvre.


1. Qu'est-ce qu'un format au cinéma ?

Dans son sens le plus courant, le format désigne le rapport entre la largeur et la hauteur de l'image.

On l'écrit généralement sous la forme :

Largeur : Hauteur

Par exemple :

16:9 signifie que l'image possède 16 unités de largeur pour 9 unités de hauteur.

Un format plus large donne davantage d'espace horizontal, tandis qu'un format plus vertical concentre davantage l'attention sur le sujet.

C'est ce qu'on appelle le rapport d'aspect, ou aspect ratio en anglais.


2. Les principaux formats d'image

5

4:3 — 1.33:1

Le 4:3 est un format relativement carré.

Il était historiquement très utilisé dans la télévision et dans les premières périodes du cinéma.

Aujourd'hui, il peut être utilisé volontairement pour créer une sensation particulière :

  • intimité ;
  • enfermement ;
  • nostalgie ;
  • portrait ;
  • isolement du personnage.

Le format devient alors un véritable outil narratif.


16:9 — 1.78:1

C'est aujourd'hui l'un des formats les plus répandus dans la vidéo numérique.

On le retrouve notamment dans :

  • YouTube ;
  • télévision HD ;
  • plateformes numériques ;
  • productions corporate ;
  • documentaires ;
  • certaines productions cinématographiques.

Sa résolution Full HD classique est :

1920 × 1080

et en UHD :

3840 × 2160.

Le 16:9 constitue donc un excellent format polyvalent.


1.85:1

Le 1.85:1 est un format très utilisé dans le cinéma.

Il est plus large que le 16:9, mais reste relativement proche de celui-ci.

Il permet notamment de conserver une bonne présence verticale des personnages tout en donnant davantage d'espace horizontal.

Il convient particulièrement bien à :

  • la fiction ;
  • la comédie ;
  • le drame ;
  • les scènes de dialogue ;
  • les productions narratives générales.

2.39:1 — le format panoramique

Le 2.39:1 est l'un des formats les plus associés au cinéma contemporain.

Il donne cette image très large que l'on associe souvent au cinéma spectaculaire.

Il est particulièrement efficace pour :

  • les paysages ;
  • les scènes de groupe ;
  • les déplacements ;
  • les environnements urbains ;
  • les scènes d'action ;
  • les compositions avec plusieurs personnages.

Mais il présente aussi une contrainte : l'espace vertical est réduit.

Un gros plan peut donc devenir très puissant, tandis qu'un personnage filmé en pied demande davantage de réflexion dans la composition.


3. Le format n'est pas seulement esthétique

Il serait une erreur de choisir le 2.39:1 simplement parce que « ça fait cinéma ».

Le format doit servir l'histoire.

Imaginez un personnage seul dans une petite pièce.

Un cadre très large peut accentuer l'espace autour de lui et donner une impression de solitude.

À l'inverse, un format plus carré peut enfermer visuellement le personnage et renforcer la sensation de claustrophobie.

Le choix peut donc répondre à une question simple :

Qu'est-ce que je veux faire ressentir au spectateur ?


4. Les formats de capteur : une autre notion

Il ne faut pas confondre format d'image et format de capteur.

Une caméra peut posséder un capteur :

  • Full Frame ;
  • Super 35 ;
  • APS-C ;
  • Micro 4/3 ;
  • etc.

Ces formats concernent principalement la taille physique du capteur, et non directement le rapport d'aspect final du film.

Par exemple, une caméra équipée d'un capteur Super 35 peut produire une image destinée à être présentée en 2.39:1, 1.85:1 ou même 16:9.


5. Les formats de résolution

Il existe également une autre manière de parler de format : la résolution de l'image.

Quelques exemples :

Format Résolution courante
HD 1280 × 720
Full HD 1920 × 1080
2K DCI 2048 × 1080
4K UHD 3840 × 2160
4K DCI 4096 × 2160
6K Variable selon la caméra

Le 4K UHD et le 4K DCI ne sont donc pas exactement la même chose.

Le DCI correspond aux standards développés pour la projection numérique cinéma, tandis que l'UHD est très répandu dans les environnements télévision, web et grand public.


6. Le format de tournage

Il existe aussi le format dans lequel la caméra enregistre les images.

Par exemple :

  • Blackmagic RAW ;
  • ProRes ;
  • XAVC ;
  • CinemaDNG ;
  • etc.

Ici, on parle davantage de codec et de type d'enregistrement que de rapport d'aspect.

Le choix du format d'enregistrement influence notamment :

  • la quantité d'informations conservées ;
  • la latitude en postproduction ;
  • la taille des fichiers ;
  • les possibilités d'étalonnage ;
  • le workflow de montage.

Un fichier RAW, par exemple, offre généralement davantage de possibilités de traitement en postproduction qu'un fichier fortement compressé.


7. Le format de diffusion

Une œuvre peut également être adaptée à plusieurs supports.

Un même film peut exister en :

Version cinéma
→ généralement pensée pour une projection et un grand écran.

Version télévision
→ souvent adaptée aux contraintes de diffusion télévisuelle.

Version YouTube / web
→ généralement livrée en 16:9, selon les besoins du projet.

Version verticale
→ 9:16 pour certains contenus destinés aux smartphones et réseaux sociaux.

Version carrée
→ 1:1, principalement pour certaines plateformes sociales.

Cela signifie qu'un producteur doit penser au format dès la conception du projet, et pas seulement au moment de l'exportation.


8. Le cinéma vertical : 9:16

Le 9:16 est devenu particulièrement important avec les smartphones et les plateformes de vidéos courtes.

C'est l'inverse du 16:9 :

9 unités de largeur pour 16 unités de hauteur.

Il convient particulièrement aux :

  • portraits ;
  • personnages seuls ;
  • interviews ;
  • contenus mobiles ;
  • vidéos courtes ;
  • réseaux sociaux.

Mais le langage visuel change complètement.

Une composition pensée pour 2.39:1 ne peut pas simplement être recadrée en 9:16 sans conséquence.

Il faut penser au cadre dès le tournage.


9. Pourquoi le cinéaste doit penser au format avant de tourner

Le format influence directement :

La composition

Où placer le personnage ?
Quelle quantité d'espace laisser autour de lui ?

Le mouvement

Un travelling horizontal n'aura pas le même impact dans un cadre 16:9 et dans un cadre 2.39:1.

La profondeur

Un cadre large permet souvent de mieux exploiter les espaces.

Les décors

Un décor conçu pour un format panoramique peut perdre son intérêt dans un format vertical.

Le montage

Les raccords et la continuité visuelle doivent tenir compte du cadre choisi.


10. Le format peut devenir un langage narratif

C'est probablement le point le plus important.

Dans une œuvre ambitieuse, le format peut évoluer.

Par exemple :

1.85:1 → quotidien du personnage

2.39:1 → moments de liberté

4:3 → souvenirs ou traumatisme

Ce changement doit évidemment être justifié artistiquement.

Le spectateur ne doit pas avoir l'impression que le réalisateur a simplement changé de réglage de caméra.

Le format devient alors un élément du récit.


11. Quel format choisir pour un film ?

Il n'existe pas de format universellement meilleur.

Pour une fiction destinée principalement au cinéma, on peut envisager 1.85:1 ou 2.39:1 selon l'histoire et la mise en scène.

Pour une série ou une production destinée principalement au web et aux plateformes numériques, 16:9 reste un choix très polyvalent.

Pour un projet destiné aux réseaux sociaux, le 9:16 peut être pertinent.

Mais la véritable question n'est pas :

« Quel format fait le plus cinéma ? »

La bonne question est :

« Quel format raconte le mieux cette histoire ? »


Conclusion

Le format est souvent considéré comme un simple réglage technique. Pourtant, il peut devenir l'un des éléments les plus importants de la mise en scène.

Le cadre détermine ce que le spectateur voit.
Le format détermine en partie la manière dont il le voit.

Un réalisateur doit donc choisir son format avec la même réflexion qu'il apporte au choix d'un objectif, d'une lumière, d'un mouvement de caméra ou d'un décor.

Parce qu'au cinéma, chaque décision technique peut devenir une décision artistique.


🎬 À retenir

4:3 → intimité, enfermement, nostalgie
16:9 → polyvalence, télévision, web, plateformes
1.85:1 → cinéma narratif, équilibre
2.39:1 → ampleur, paysage, spectacle, cinéma panoramique
9:16 → smartphone, réseaux sociaux, narration verticale

Le meilleur format n'est pas celui qui ressemble le plus au cinéma. C'est celui qui sert le mieux votre histoire.

 

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